« La solution passe par la discussion, sans la pesanteur des faucons, des incompétents, des inconscients et des contoukour ». Voilà une des petites phrases de Ndimby qui je l’espère entreront dans la postérité et que je regrette de ne pas avoir trouvé moi-même. Car cette petite phrase résume parfaitement la position de l’ensemble de la rédaction de Madagascar-tribune.com, aussi variée soit-elle.
Certes, il y a dans cette phrase la répétion d’un mot qui, s’il était utilisé par un gamin de 7 ans, me ferait m’interroger sur la nécessité ou non de recourir à la fessée. Mais l’étymologie du mot brainstorming est là pour nous rappeller qu’un langage créatif et un peu coloré a quelques vertus pour activer les neurones, alors n’hésitons pas à renchérir et déclarons qu’il est temps pour tout le monde de se manier le popotin et de bouger de ses lignes.
Dans un autre article de l’édition de ce jour, Georges Rabehevitra s’interroge sur l’incapacité d’Andry Rajoelina à reconnaître ses erreurs et celles de son entourage. Georges n’est certainement pas le seul à se désoler de l’autisme et de l’orgueil mal placé de notre classe politique, incapable de reconnaître ses erreurs.
Neutre, pacifique, inclusif et consensuel. Lorsqu’on entend ces mots, l’on en arrive à la longue à se dire qu’on n’en serait pas là si l’on avait été dans un tel état d’esprit dès Décembre 2001. Oui, dès le lendemain du premier tour de l’élection présidentielle de l’époque. L’on peut aujourd’hui en vouloir à Didier Ratsiraka de ne pas avoir eu le courage de dire à son challenger Marc Ravalomanana : « OK, je reconnais que l’élection est mal partie pour moi. En plus, mon camp ne s’est pas organisé pour pouvoir procéder à la confrontation des procès-verbaux que vous réclamez. Mais dans l’intérêt du pays, ne fragilisons pas les institutions et discutons pour voir comment on peut avoir un second tour de scrutin irréprochable ». Inutile cependant de chercher aujourd’hui à refaire l’histoire. Indrisy anefa.
« La solution passe par la discussion, sans la pesanteur des faucons, des incompétents, des inconscients et des contoukour ». Ce n’est donc pas sans une certaine inquiétude que l’on voit d’autres pesants faucons s’installer aujourd’hui dans la conviction que le régime actuel est prêt à tomber comme un fruit mûr. Et ces faucons semblent actuellement tout miser sur des sanctions internationales.
Au risque de passer encore une fois pour un mpamono afo [1], qu’il soit permis de dire que les attentes et espoirs qu’ils placent sur la mise en oeuvre de sanctions internationales sont très démesurés.
Les exemples de la Côte d’Ivoire et de l’Iran sont les premiers à venir à l’esprit pour convaincre que les sanctions internationales n’ont qu’une efficacité limitée, et en tout cas n’aboutissent jamais rapidement. Car même lorsqu’elles font l’unanimité, ce qui est rare, il reste possible de les contourner.
Dans le cas de l’Iran, la Chine et la Russie ont déjà voté avec les pays occidentaux trois séries de sanctions. Indifférentes à la menace nucléaire, nombre de firmes européennes – surtout allemandes et italiennes – les ont contournées. Et comme la Chine veut continuer à privilégier un dialogue avec Téhéran qui n’existe pourtant pas, la communauté internationale est bien avancée.
Même situation en Côte d’Ivoire, où des sanctions ont frappé des personnes à la fois dans le camp de Laurent Gbagbo et dans celui de Guillaume Soro. Du coup, les deux hommes, trouvant intérêt objectif à repousser autant que possible des élections qui représentent un risque pour eux, semblent s’entendre comme larrons en foire pour prolonger la crise.
Marc Ravalomanana a semble-t-il compris qu’un consensus ne se ferait pas sur des sanctions, tant sur le plan national qu’international, et a pris les devants. Andry Rajoelina a sans doute fait les mêmes calculs avant son dernier point de presse.
Alors, quels sont les recours ?
Ni carotte (dont certains ne supportent d’ailleurs plus la couleur), ni baton. Il reste l’appel à la raison.
Oui, je sais, c’est une denrée rare, très rare. Aux malgaches d’ici et d’ailleurs d’y suppléer.





