La crise est maintenant partout mais surtout dans les esprits. Le président de la HAT a eu raison de prendre un peu de repos et de recul. La tension est telle aujourd’hui que la plupart des hommes de main du pouvoir, dont des agents de police, des militaires, des ministres, perdent facilement leur sang froid. Beaucoup parmi eux ont maintenant et de plus en plus la gâchette facile comme on dit dans le langage populaire. Se croyant tout permis et disposant des pouvoirs officiels, ils démarrent au quart de tour et veulent dicter leur loi, leur vision et leur lecture des textes et de l’actualité.
Ainsi tout récemment, ce soldat en faction au croisement à l’entrée du palais d’Iavoloha qui tire sur un véhicule qui a eu le malheur de gêner le cortège présidentiel. On se souvient encore de ce jeune home qui aurait été tabassé à mort par des forces de l’ordre pour avoir, dit-on, tiré sur le cortège présidentiel à coup de lance pierre artisanal (ce qui a été cependant démenti par la sécurité présidentielle qui a déclaré n’avoir fait l’objet d’aucun tir). Et quand on revisite les comportements de ces forces de l’ordre, ils ne sont plus des modèles d’intégrité et de bonnes mœurs ; ils tirent pour tuer et non pour affaiblir le fuyard, non pour réduire la résistance mais pour anéantir comme s’ils étaient juges ou propriétaire de la vie.
Le même mal gagne aussi les politiciens. Des cadres et militants TIM se tirent dessus à l’heure où le contexte est présenté comme étant à l’union pour sortir de la crise. Ce mardi 2 août un membre du Congrès de la transition, militant des premières heures du TIM ne se contente plus au micro d’une radio privée de la capitale, de se plaindre contre le président du TIM, en son temps président du Sénat, qui accuse ceux qui ont rejoint la HAT d’être des traîtres. En réplique, il accable à son tour cet ancien président du Sénat avec force arguments de tous les qualificatifs jusqu’à insinuer la lâcheté pour démontrer que ceux qui ont adhéré aux institutions de la HAT ont enduré les pires poursuites et exactions du pouvoir HAT.
En tout cas, l’ambiance sociale dégage un sentiment de peur latente. Si dans le temps, l’Emmoreg faisait peur aux enfants, aujourd’hui toute autorité civile et militaire, voire judiciaire, fait peur. Ceux qui ont un certain pouvoir aujourd’hui sont enclins à en faire usage pour nuire.







