Le Vice Premier ministre en charge des Affaires étrangères, Hyppolite Ramaroson réagit vivement contre ce qu’il appelle ingérence étrangère dans les affaires intérieures de Madagascar. Par rapport à la lettre de l’ambassadeur de France qui demande des détails sur les arrestations et les motifs qui justifieraient les violences qui se sont produites contre des hommes politiques, des journalistes et des techniciens de la radio Fréquence Plus dans les bureaux de cette station, l’amiral Hyppolite Ramaroson lui répond par des interrogations.
Il est monté sur ses grands chevaux pour évoquer la nationalité de Ravonison Ambroise. Est-ce que Ravonison Ambroise a fait ses déclarations en tant que citoyen français ou en tant que citoyen malgache, s’interroge-t-il en s’adressant ironiquement à l’ambassadeur de France ? Et comme pour tourner en dérision l’auteur de la lettre, et par la même occasion pour démontrer la souveraineté des institutions malgaches et la justesse des décisions d’arrestation, l’amiral s’est demandé si jamais un ressortissant malgache insultait ou disait du mal du chef d’État français, est-ce qu’il ne serait pas aussitôt renvoyé dans son pays dès le premier vol aérien pour Madagascar ?
Noyant tous les autres aspects relatés dans la lettre de l’ambassadeur de France, tels les violations des droits humains, l’atteinte au premier véhicule des informations et moteur de la démocratie et subsidiairement à une violation de domicile siège d’une station radio, l’amiral Hyppolite Ramaroson a dénoncé les rapides prises de position et déclarations des ambassadeurs d’Allemagne et des États-Unis relatives aux affaires nationales se rapportant aux solutions de sortie de crise. En fait, il n’apprécie pas du tout que les ambassadeurs s’expriment sur cette crise et sur la manière dont les dirigeants en place traitent l’affaire. C’est de l’ingérence déplore-t-il tout en invoquant la convention de Vienne qui régit les relations diplomatiques entre Etats.
Au Palais du Sénat à Anosy ce mercredi du 19 mai, les membres de la Haute autorité de transition (HAT) n’ont pas eux non plus ménagé les ambassadeurs d’Allemagne et des États-Unis. Ils s’en sont également pris au chef de la médiation internationale, Joachim Chissano, qui, s’ils pouvaient décider, devrait être qualifié immédiatement de persona non grata. Joachim Chissano est accusé de partialité. En tout cas, les membres de la HAT ont réclamé à ce que Andry Rajoelina ne se détourne plus de la voie tracée et de la feuille de route qu’il a présenté le 12 mai dernier. Bref, qu’il n’aille plus à Pretoria.
Zaza Ramandimbiarison, directeur de cabinet du président de la HAT a cependant été aperçu dans la même journée à l’hôtel Carlton et y a rencontré la délégation envoyée par Joachim Chissano, qui entendait recueillir les impressions des 4 mouvances sur le projet de protocole (voir communiqué par ailleurs) qui a été élaboré.





