L’invitation du Groupe de contact international (GIC) adressée aux quatre mouvances politiques à se réunir à Addis Abeba pour ce 22 juillet n’aura servi à rien. Seules les mouvances Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana ont envoyé des représentants. Il s’agit du Pr Ange Andrianarisoa pour Didier Ratsiraka et de Fetison Andrianirina pour la mouvance « légaliste ». La mouvance Zafy Albert a décidé de ne pas faire le déplacement parce qu’à sa connaissance, toutes les informations et leurs propositions sont déjà entre les mains du GIC. Dès lors, sans ordre du jour nouveau et précis, cette mouvance ne voit pas l’intérêt de cette réunion. En fait la mouvance Zafy Albert s’attendait à quelque chose de plus concrète et plus importante, telle la signature d’une charte ou d’une convention plutôt qu’une simple réunion.
La Haute Autorité de Transition (HAT) pour sa part a invoqué le terrorisme qui a éclaté et provoqué morts d’hommes, sans que la communauté internationale ne daigne condamner ou à la rigueur dénoncer, pour refuser de faire le déplacement. C’est Andry Rajoelina, président de la Haute Autorité de Transition (HAT) en personne, qui l’a annoncé. Pour ce qui est de la suite que la HAT va donner à la médiation internationale du GIC, rien de précis car on ne sait pas si c’est la rupture ou si la HAT a seulement suspendu sa participation.
Suspension ou rupture ?
En attendant d’y voir plus clair et de plus amples informations, une frange radicale pro-HAT multiplie les appels à la rupture avec la communauté internationale car les relations entretenues jusqu’à présent n’ont apporté que dettes et servage. Ces relations sont perçues comme des relations de domination, qui n’auraient engendré et perpétué que la paupérisation durable de la nation et de la majorité des agents économiques. Il est temps, affirme cette partie de l’opinion, que le pays se prenne en main. Des moins radicaux et plus « éclairés » se refusent pourtant d’aller jusqu’à la rupture.
À suivre toutefois le comportement de Andry Rajoelina qui s’est réfugié en son temps auprès de l’Ambassade de France, il ne peut pas s’agir de rompre totalement et définitivement. La France ne peut être que le dernier rempart ou le dernier refuge. Pourquoi pas la dernière perche pour sortir le pays de la crise. C’est en connaissant les faiblesses ou les tournures d’esprit des Malgaches, précisément celles des politiciens et hauts fonctionnaires malgaches que des « Français » se permettent en privé de faire des insinuations pour ne pas dire des accusations contre le Malgache en général.
Par ailleurs, sachant les capacités de la diplomatie française à déployer des mesures et des moyens exceptionnels à titre humanitaire ou à caractère social, ou au nom de l’amitié entre les peuples, on voit mal avec les liens historiques un isolationnisme économique et financier voire politique s’installer dans le pays en ce contexte dominé par la mondialisation et la globalisation. Sans parler de la rivalité entre les puissances économiques et commerciales dans la région occidentale de l’Océan indien.
Que penser alors de ce refus d’aller à Addis Abeba sinon que c’est un moyen de gagner du temps pour pouvoir conduire sa politique en faveur non pas de la démocratie mais de la transition. C’est un peu de temps aussi pour consolider les assises du pouvoir de transition dans toutes les parties de l’île avant que n’interviennent les scrutins. N’est-ce pas ce que le Premier ministre Monja Roindefo est en train de faire depuis quelques jours ? Les résolutions des assises nationales des 2 et 3 avril, n’ont-elles pas déjà fixé une feuille de route ? Les dirigeants de la HAT veulent à tout prix les mettre en œuvre seuls, si les autres mouvances et autres forces vives – sociétés civiles ou sociétés politiques –, ne veulent pas les rejoindre pour occuper les strapontins encore vides.




