Au moment où le président de la HAT débarque à l’aéroport d’Ivato, après un séjour privé en France insiste la communication officielle de la présidence de la HAT, Ralambo C. et Aina R. publient le rapport de mission d’une équipe de protecteurs de l’Environnement effectué à Antalaha auprès du rassemblement « populaire » organisé par les « parrains » du bois de rose le samedi 30 juillet 2011. Le titre même du rapport en dit long sur l’activité de ces « parrains » : activité mafieuse, pour dire que c’est tout un réseau qui a la main haute depuis le bas jusqu’en haut de l’échelle. Mieux, ce rapport (voir le texte dans cette même édition) livre les noms de ces « parrains » et leurs connexions avec l’extérieur. Et il conclut par des questions telles : qu’est ce que le pouvoir attend pour arrêter et remettre ces « parrains » à la justice ? car c’est l’occasion pour ce pouvoir de démontrer qu’il n’a aucun lien avec ces pratiques mafieuses. Dans le cas où le pouvoir en place ne le ferait pas, il est clair, a-t-on compris, que celui-ci ne serait pas étranger au trafic de bois de rose. En tout cas, les auteurs de ce rapport accablant sur les « parrains » précisent que tous les noms qu’il énumère sont déjà cités dans le document de référence écrit par Herizo Randriarimalala et Zhou Liu de Madagascar Conservation & Développement, intitulé « Bois de rose de Madagascar : entre démocratie et protection de la nature ».
À beaucoup d’égards, les auteurs de ce rapport ont confirmé certaines assertions qui avancent que les « parrains » du trafic de bois de rose sont aujourd’hui en train de défier le pouvoir s’il ose s’en prendre à eux. Samedi 23 juillet dernier, ils ont déjà manifesté leur mécontentement devant les mesures que le pouvoir HAT a l’intention d’imposer, c’est-à-dire, de faire l’inventaire des stocks de bois de rose et de prendre en main tous les stocks pour les vendre au nom de l’État. Mais devant cette levée de bouclier du samedi 23 juillet, des voix autorisées de la HAT font comprendre qu’il s’agirait pour l’instant des stocks de bois de rose saisis ; quant aux autres stocks privés, ils seront vérifiés, sans plus ; et des négociations pourraient être conduites pour indemniser leurs « propriétaires » si leurs stocks sont légaux.
Les « parrains » de ce trafic de bois de rose ne l’entendaient pas ainsi et ont continué ce samedi 30 juillet à protester en organisant un autre rassemblement au terrain municipal d’Antalaha, pour dénoncer ce qu’ils estiment comme une « injustice » à leur endroit.
Qui sont-ils ces « parrains » ?
Ce sont d’anciens députés, des retourne-veste qui sont devenus des milliardaires et de grands opérateurs économiques, voire des investisseurs dans le tourisme ou l’hôtellerie. Certains parmi eux bénéficient même de la protection des autorités locales. Un autre « parrain » par contre est connu pour avoir été chômeur, sans réel emploi connu mais qui, depuis 2009, est craint parce qu’il est devenu très riche pour avoir trempé dans le trafic de bois de rose avec des clients chinois. Cet individu s’est distingué depuis 2009 par des achats de villas appartenant à un ancien milliardaire dans la vanille tombé en faillite.




