Les dernières rumeurs font état d’un ultimatum que des éléments de la Base aéronavale d’Ivato, du Régiment des forces d’intervention d’Ivato, voire des soldats des forces d’intervention d’Antsiranana, auraient lancé contre le régime et notamment contre les soldats « mutins » pour remettre de l’ordre et revenir à la « légalité ». On ne sait pas exactement ce qu’il en est. Les rumeurs indiquent toutefois que les « communiqués » en question ne sont pas signés. Donc, de notre point de vue, ce ne serait que de l’intox.
Toujours est-il que ces rumeurs persistantes intriguent. L’Etat major général des armées lui-même s’estime interpellé et le chef d’Etat major général, le colonel Ndrianarijaona André, promet ce mardi 24 mars, d’éclairer l’opinion lors d’une conférence de presse. Les forces armées ont tant fait parler d’elles durant la crise. Les communiqués et interventions radiodiffusées ont plu en deux mois.
Des dérives
En tout cas, quand on a vu des sergents maltraiter des officiers généraux à Ampahibe et à Antanimena ; quand on a vu des officiers et sous-officiers donner des ordres d’arrestation sans aucun mandat de la juridiction compétente, on peut s’attendre à tout maintenant. Surtout, quand à Antanimena, on a vu des soldats discuter ou désapprouver en public les ordres du chef d’Etat major, la discipline est à chercher ailleurs. Sans s’étendre sur les « séquestrations » dont des personnalités militaires et religieux ont été victimes, on ne peut qu’être interloqué si d’autres se révoltent. Car on ne règle pas pacifiquement un problème d’ordre politique dans un camp militaire à notre avis sauf dans une situation de guerre.
De bonnes habitudes
Quoi qu’il en soit, ces rumeurs d’ultimatum laissent tout de même incertain pour ne pas dire pantois faute de preuve consistante. L’histoire récente des interventions des militaires dans la vie nationale et notamment politique nous apprend en effet que ce sont d’abord les officiers généraux à la retraite qui font part publiquement de leurs inquiétudes et de leurs propositions. Viennent ensuite les communiqués des autres officiers, puis des sous-officiers qui sont en activité. Mais toutes leurs interventions ont toutes été signées et ils ne se cachent pas. Aussi, malgré une supposée mésentente entre les forces de l’ordre, un tel communiqué anonyme est peu crédible jusqu’à preuve du contraire. A moins qu’il ne s’agisse de « règlements de compte » entre soldats ? Dans ce cas, qu’ils règlent leurs problèmes pacifiquement et non en impliquant les armes !




