Interrogée par la presse à propos de la situation dans laquelle se trouvent les membres des délégations des trois mouvances politiques encore en Afrique du Sud, Christine Razanamahasoa, Garde des Sceaux ministre de la Justice de la Haute autorité de transition (HAT), a démenti les suppositions ou déclarations selon lesquelles des mandats d’arrêt pèsent sur les têtes des membres de délégations des trois mouvances qui étaient à Maputo III. « Aucun mandat d’arrêt n’a été pris ni diffusé à leur encontre » affirme Christine Razanamahasoa.
Cette déclaration de la ministre intervient après que des informations en provenance de Morondava et véhiculées sur le net, font constater que des soldats armés, bérets rouges et bérets verts, sont de faction à l’aéroport de Morondava. Pour certains commentateurs, ces soldats seraient là pour accueillir à leur manière les délégations au cas où elles débarquent à Morondava. Et ces informateurs se font plus précis pour dire que ces soldats auraient reçu des ordres formels comme quoi, il faut arrêter tous les membres des délégations, et si besoin est, il ne faudrait pas hésiter à faire usage des armes.
Andry Rajoelina a condamné
Vrai ou faux, on ne le sait. Mais apparemment, ces ordres iraient dans le sens des discours que Pety Rakotoniaina, Sareraka, Voninahitsy Jean Eugène, Alain Ramaroson et autres tel le chef du parti Fanarenana, ou Augustin Andriamananoro, ou encore l’amiral Rarison Ramaroson Hyppolite, distillent ces derniers jours sur les ondes des chaînes radio et télé publiques et privées. Il faut dire que ces initiatives ne sont pas en contradiction avec le discours du président de la HAT, Andry Rajoelina, lors de sa dernière conférence de presse d’Ambohitsorohitra. Il disait alors qu’il encourageait ses collaborateurs à prendre des initiatives dans la perspective de son discours ; discours qui condamnait et accusait les membres de trois mouvances partis pour Maputo et auteurs des résolutions le rabaissant au même niveau que les co-présidents du Conseil présidentiel ; mais surtout auteurs de la lettre à destination du Secrétaire général de l’ONU lui demandant de ne pas le considérer comme représentant du pouvoir et de la nation malgache au Sommet de Copenhague, et donc de lui refuser le visa, le logis et le manger. De ce fait, fit comprendre Andry Rajoelina, ces chefs de file des trois mouvances sont des traîtres à la nation malgache et il faut les traiter de la sorte.
Et aussitôt les appels à ce que ces membres des délégations ne rentrent plus dans le pays se sont succédés jusqu’à ce que des voix discordantes ou des spécialistes de la rhétorique ou de la manipulation du verbe se font entendre. Les unes disent qu’il leur est interdit de fouler le sol malgache parce qu’ils sont des pantins à la solde de Marc Ravalomanana et qu’ils ne pensent pas nation ou patriotisme mais à leurs propres intérêts. D’autres voix expliquent les mesures d’interdiction de retour au pays pour raison de sécurité de leur personne, pour leur intégrité physique, c’est-à-dire que les forces de l’ordre ne peuvent pas garantir leur sécurité si jamais ces membres des délégations rentraient au pays. D’autres encore avancent que c’est pour préserver le calme dans le pays car leur retour pourrait provoquer des troubles, voire la guerre civile.
C’est dans ce contexte que Christine Razanamahasoa a précisé qu’aucune des personnes membres des délégations n’est sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par la Justice. Or faut-il noter que c’est dans ce contexte également que l’on apprend que le retour de ces délégations reste reporté, alors que la tenue de la grande réunion du Groupe international de contact (GIC) de haut niveau prévue pour le 17 décembre 2009 est conditionné à ce retour.
L’ancien député Hery Tafika Ratsimbazafy, membre de la mouvance Ratsiraka, a appris la mort de sa fille aînée âgée de 12 ans, pendant son séjour forcé en Afrique du Sud, ce mardi. Le gouvernement de la HAT lui aurait délivré une autorisation pour rentrer, qu’il semble avoir refusé au nom de la solidarité avec les autres membres des délégations.





