Le président de la HAT, ou de la transition selon la feuille de route qui a été adoptée et qu’il a acceptée, est parti ce mercredi 21 septembre pour l’Assemblée générale des Nations unies à New-York. Il compte sur les représentants des onze (11) entités politiques qu’il avait convoquées dans la journée pour une prise de contact mais aussi pour qu’ils réfléchissent et débattent des modalités de mise en œuvre de ladite feuille de route pendant son absence. À son retour de New-York, dit-il, il leur remettra les résultats de leurs réflexions.
Les 11 entités sont les huit (8) issues du groupe gouvernemental, le TIM et le GMMR et la mouvance Zafy Albert. La mouvance Ravalomanana a décidé de boycotter la rencontre avec Andry Rajoelina pour marquer sa désapprobation contre les mandats d’arrêt lancés contre Marc Ravalomanana alors même que l’on vient de signer la feuille de route qui est perçue comme nécessitant un climat d’apaisement pour sa concrétisation. En effet l’ambiance qui prédomine depuis la signature du 17 septembre n’est pas pour rassurer car du côté des tenants du pouvoir, on a déjà commencé à interpréter à sa convenance les différents articles de la feuille de route tandis que de l’autre aussi, du côté de la mouvance Marc Ravalomanana, on n’a pas caché l’euphorie pour un retour triomphal de l’ancien président et une mainmise sur la Primature ; pour dire que l’escalade verbale n’a cessé d’augmenter d’intensité.
Quant à la mouvance Zafy Albert, elle a procédé à un déballage sur les affaires dont le professeur et ancien Président de la République accuse le pouvoir HAT et son président Andry Rajoelina. Il a fait part à l’assistance venue très nombreuse ce mercredi 21 septembre au Magro Behoririka des accusations qu’il porte contre toute une liste de personnalités (gouvernants et opérateurs nationaux qu’étrangers), plaintes qu’il avait déposées auprès de la Justice à Anosy voici quelques jours. Selon le professeur Zafy, près de 750 milliards d’ariary auraient été détournés par les tenants de la HAT depuis 2009 via notamment le trafic de bois de rose, des manipulations de recettes douanières ou des surfacturations sur les achats d’hélicoptères Alouette et de logiciels pour la Banque centrale. Et Albert Zafy de déclarer qu’il ne voulait pas de transition avec Andry Rajoelina à sa tête.
C’est dans cette atmosphère que le président de la transition abandonne le pays et la classe politique pour la reconnaissance internationale. On notera qu’il a toutefois pris soin de féliciter auparavant la population malgache pour sa persévérance dans le calme et la sagesse. Et qu’il a rassuré la frange de la population qui est dans le besoin en inaugurant en personne l’opération « zoma fanampiana » ou vendredi de solidarité en distribuant du riz à quelques 5000 foyers de nécessiteux dans le 1er Arrondissement de la capitale.
Quoi qu’il en soit et à certains égards, le président de la transition, très attaché à la fierté et à la souveraineté nationale mais surtout à cette reconnaissance internationale comme l’ont toujours laissé comprendre ses comportements durant ces années de crise, peut aujourd’hui se réjouir car il a été invité à participer à la 66e session de l’ONU. Comme il l’avait déclaré dans son discours ce dimanche 18 septembre donc, Madagascar retrouvera sa place dans le concert des nations.
À cette occasion, il va recevoir en audience des Chefs d’Etat qui lui ont manifesté leur souhait d’avoir des séances de travail avec lui. De même, il va également tenir d’autres séances de travail avec de hauts responsables d’organismes internationaux, durant son séjour à New York.
Les questions qui hantent les esprits sont les suivantes : parlera-t-il à la tribune de l’ONU et que dira-t-il ? A-t-il un calendrier à proposer à ses interlocuteurs pour les persuader de la bonne foi et de la volonté de mettre en œuvre cette feuille de route pour que les aides puissent être débloquées et espérer l’appui de la communauté des nations ?




