Andry Rajoelina – Marc Ravalomanana
Si Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana se déclarent satisfaits de l’issue des rencontres d’Addis-Abeba, la différence est que le premier ne s’est pas empêché d’exprimer une certaine fierté tandis que le second est plus réservé. Marc Ravalomanana a laissé entendre qu’il n’y eut ni vainqueur ni vaincu car ce fut un « adin’ombalahy » (ce qui peut se traduire par une compétition entre parents ou entre compatriotes). Andry Rajoelina toutefois a déclaré au grand jour qu’il n’a rien perdu car ses acquis sont préservés : les titulaires des ministères de souveraineté tel celui des Forces armées et celui de la Sécurité intérieure et le Secrétariat d’Etat à la Gendarmerie demeurent et la hiérarchie établie intacte. Et Andry Rajoelina est le président de la Transition, chef d’Etat exerçant les fonctions de président de la République.
Pr. Zafy Albert
Zafy Albert pour sa part, interrogé sur le Conseil national de réconciliation jubile car la structure ou l’institution qu’il préside et l’idée pour laquelle il a toujours lutté, survivront à la Transition. Le plus urgent à son avis c’est de se mettre au travail pour la réconciliation nationale.
Mamy Rakotoarivelo
Mamy Rakotoarivelo, président du Congrès de la Transition, est lui aussi davantage tourné vers l’avenir. Le plus urgent dans son esprit c’est la loi d’amnistie et bien évidemment la loi des Finances 2010 qu’il faut examiner et adopter.
Dr. Emmanuel Rakotovahiny
Ménageant quelque part les partisans des uns et des autres, ou tenant compte des susceptibilités, le co-président, Doyen du Conseil présidentiel, Dr. Emmanuel Rakotovahiny, peine à affirmer qu’il y a une hiérarchie dans le triumvirat en dépit de l’institution du Conseil présidentiel. Emmanuel Rakotovahiny insiste plutôt sur l’exercice collégial du pouvoir de décision car le président de la Transition et les co-présidents forment un tout. En tout cas, il martèle qu’il faut de l’abnégation, de la modestie et de la volonté sinon du volontariat car les trois signatures sont indispensables. Quoi qu’il en soit, Emmanuel Rakotovahiny appelle à la solidarité et à ce que l’on abandonne l’esprit partisan des mouvances.
Benjamin Andriamihanta
Plus catégorique est le conseiller juridique Benjamin Andriamihanta. L’Acte additionnel d’Addis-Abeba met en place, dit-il, le Conseil présidentiel. Mais le président de la Transition est Andry Rajoelina. Les co-présidents sont Fetison Rakoto Andrianirina et Emmanuel Rakotovahiny. Tous les actes sont pris ensemble et ils sont contresignés par les co-présidents. C’est le « tery omby ririnina » (traduit littéralement par : la traie en hiver ; il faut donner à manger au veau sans torturer ou tuer la vache).
Mamy Ratovomala
Quand au ministre de l’Economie, Mamy Ratovomalala, il a déjà fait part à la presse et à l’opinion que dorénavant, les aides et les financements sont débloqués. C’est fait depuis vendredi 6 novembre au niveau de la Banque mondiale, si on doit le croire. Deux programmes sur quatre peuvent déjà reprendre car les fonds sont déjà virés ce vendredi soir. Les quatre programmes sont le PIC (Pôles intégrés de croissance), la nutrition (ONN), le SIDA et l’environnement.
Se voulant persuasif, le ministre de l’Economie indique que le dossier Madagascar sera examiné très prochainement par le FMI et que l’année 2010 sera meilleure qu’on le pense. En tout cas, Mamy Ratovomalala affirme que du côté de l’Union européenne, on ne tardera pas d’être fixé ; quant à l’AGOA, il faut patienter jusqu’au mois de décembre pour connaître le sort de Madagascar si on peut être repêché. Pour les élections, les experts des Nations unies seront dans nos murs très bientôt pour évaluer la situation.
Recueilli par Bill





