Plusieurs incidents fâcheux se sont produits dernièrement au sein de la Commune urbaine d’Antananarivo. Nous ne parlons bien sûr plus des déchets et des immondices qui ont eu raison de la cité, mais du désordre général dans lequel est plongée la ville. Les cas d’insécurités ne se limitent plus aux points chauds et aux bas quartiers réputés pour être dangereux, les malfrats sévissent désormais partout. Il n’est peut être pas excessif de parler de saturation de la ville si l’on en juge par les embouteillages monstres à presque toute heure de la journée. Il n’est plus question d’heure de pointe ; la permanence des embouteillages crée même une certaine tension menant à l’hostilité des passagers des transports communs.
L’aversion de la population à l’égard des forces armées et des forces de l’ordre est discrète mais elle est palpable. Beaucoup ont tendance à croire que les forces de l’ordre et les forces armées ne servent finalement qu’à alimenter des tensions politiques et à vider les caisses de l’État. La crise qui perdure et les dernières mesures d’exonération d’impôts sur certaines indemnités des soldats sont certainement pour quelque chose dans l’imaginaire populaire. Certains font aussi remarquer un brin d’arrogance et des comportements violents ou un air agressif des forces de l’ordre envers les contrevenants aux règles de la circulation, en tout cas, des comportements douteux. Il faut reconnaître que des chauffards et contrevenants invétérés, en particulier chez les conducteurs de taxibe sont légions, ou que la plupart de ceux qui sont sur des scooters sont inconscients du danger qu’ils font peser aux usagers des voies publiques.
Aussi voir des conducteurs de véhicules à quatre roues se faire retirer leurs papiers pour non respect des réglementations de la circulation est courant. Mais ces papiers trop souvent n’atterrissent au poste de Police concerné que trois ou quatre jours après, se plaignent des transporteurs. Or un taxibe sans papier n’a le droit de se remettre en service qu’après récupération des papiers du véhicule. Un véhicule immobilisé de la sorte pour une journée engendre un manque à gagner de 50 000 ariary au minimum à son propriétaire qui est pendant ce temps contraint de payer les frais quotidiens de ses employés. Des dérèglements au niveau de la gestion de la circulation, de la sécurité, du trafic et du reste, pèsent beaucoup sur une population qui a une propension à se retrouver nostalgique et passéiste et qui regrette ainsi les heures de gloire des anciens régimes.







