Donnant l’impression de vouloir prendre les devants parce que la Troïka de la SADC se fait attendre, Andry Rajoelina, président de la transition, a décidé de procéder aux consultations des premier-ministrables. Ainsi, après la mise en garde de la Troïka sur les interprétations des politiciens des différents paragraphes et articles de la feuille de route, Andry Rajoelina invite les acteurs politiques signataires de la feuille de route à lui soumettre chacun trois (3) noms de personnalités dès ce mercredi 5 octobre 2011 pour qu’il puisse choisir le Premier ministre du gouvernement de la transition.
Selon les dispositions de l’Article 5 de la feuille de route, « le Premier ministre sera nommé par le président de la Transition sur une liste de personnalités proposées par les acteurs politiques malgaches parties prenantes de la feuille de route. Il est entendu que le Premier ministre de consensus ne peut être originaire ni de la même province ni de la plateforme politique qui soutient le Président de la Transition ».
Cette décision du président de la transition intervient alors même que les groupements politiques qui s’étaient réunis à Ambohitsorohitra s’étaient concertés pour sortir un agenda dans la mise en œuvre de la feuille de route. Selon cet agenda, le nouveau Premier ministre du nouveau gouvernement de la Transition devrait être nommé au plus tard le 16 octobre 2011, et les membres du gouvernement 10 jours après.
Proposition ou décision ?
Par ailleurs, les groupements politiques d’Ambohitsorohitra, après s’être penchés sur les clés de répartition des sièges dans les institutions de la transition consensuelle et inclusive, ont convenu une représentation « équitable » et un équilibre de partage des chaises à pourvoir. À propos de l’amnistie, ils souhaitent que cette mesure soit effective avant la fin de l’année en cours. Quant au calendrier électoral, ils laissent le soin de son établissement aux experts de Nations unies qui accompagneront la CENI dans l’appréciation et la publication du calendrier des élections. Ces groupements politiques signataires de la feuille de route, ont informé de leurs propositions/décisions, l’équipe de médiation de la SADC, le président de la Commission de l’Union européenne, et le Secrétaire général des Nations unies.
D’ores et déjà, on peut anticiper des réactions hostiles de la part de la mouvance Ravalomanana qui a refusé de se joindre aux discussions d’Ambohitsorohitra et reste dans l’attente d’une mission de la Troïka pour continuer les négociations. Les accusations d’unilatéralisme fusent également déjà des rangs de la mouvance Didier Ratsiraka qui n’a pas signé la Feuille de route. Et même au sein de la mouvance Zafy Albert, les opinions semblent assez partagées, entre un Régis Manoro qui a participé aux discussions d’Ambohitsorohitra, un Emmanuel Rakotovahiny qui critique le nombre excessif de créations de postes proposées lors de ces discussions (470 parlementaires au total, contre 208 actuellement), et un Albert Zafy qui a critiqué dans la Feuille de route l’attribution à Andry Rajoelina de la présidence de la Transition.
Recueilli par Valis







