Impréparation ou contretemps ? Le sommet de Prétoria donnait en tout cas l’impression d’un ordre du jour peu précis, au point que même des membres de délégation s’avouaient peu informés.
Une rencontre entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, successivement annoncée dans la matinée, puis pour 16 heures et enfin pour 21 heures, n’a finalement pas eu lieu hier 28 avril, alors qu’elle était supposée précéder un tour de table entre les 4 délégations de mouvances.
À la place, on a eu droit à un ballet de travaux de couloir, les médiateurs effectuant la navette entre les différentes délégations.
Marc Ravalomanana dans un point de presse déclarait que rien n’avait été signé au préalable, et que les mouvances n’avaient fait qu’émettre leurs propositions. Manière de réfuter les déclarations précédentes d’Andry Rajoelina selon lesquelles il ne restait plus qu’à signer, ou les confidences des diplomates français selon qui il ne restait plus que trois ou quatre « détails » à régler.
Certains indices laissaient cependant penser que les médiateurs (France, Afrique du Sud et SADC) s’efforçaient de convaincre le Président déchu puisque Joachim Chissano, Alain Joyandet et des émissaires de Jacob Zuma rencontraient longuement Marc Ravalomanana dans la soirée, à l’heure prévue pour une rencontre avec Andry Rajoelina.
Dans l’intention évidente de mettre la pression sur son rival, Andry Rajoelina déclarait à la presse que même si le protocole d’accord proposé ne lui donnait pas entière satisfaction, il était prêt à ouvrir son gouvernement aux autres mouvances, et que la balle était donc dans le camp de Marc Ravalomanana.
Les petites phrases distillées laissaient penser que les points les plus sensibles des discussions en cours étaient la désignation du Premier ministre jusqu’aux élections et la question de l’amnistie. Ainsi, Andry Rajoelina présentait Camille Vital comme un non-politicien, et rappelait sa position selon laquelle l’amnistie relevait d’une Loi votée par une Assemblée et non de sa seule personne.
Pour leur part, les confidences des diplomates français relevaient, sans donner plus de précisions, que le projet de protocole citait explicitement la question de l’amnistie. Il semble cependant que l’ambiguïté sur l’amnistie subsiste encore depuis Maputo I, notamment sur le caractère amnistiable ou non de la tuerie du 7 février 2009 et sur le traitement politico-judiciaire des nombreuses procédures contre le groupe Tiko. La position d’Andry Rajoelina semble en tout cas chercher à bloquer tout retour immédiat de Marc Ravalomanana ou de Didier Ratsiraka au pays.
L’ordre des élections est-il également encore un sujet de débat ? Andry Rajoelina avance en tout cas qu’après constitution du gouvernement d’union, les élections législatives auraient lieu dans les trois mois, et seraient suivies des élections présidentielles.
Par ailleurs, le projet de protocole d’accord prévoirait une répartition avec six postes par mouvance au gouvernement d’union nationale. Les sept postes restants reviendraient aux « autres sensibilités ». Toutes ces informations restent cependant pour l’heure à considérer avec une certaine prudence, vu le climat de guerre de communication actuel.





