Salanitra e !! Arahaba tratrin’ny taona ê !
Oui, difficile ce jour de ne pas saluer le nouvel an malgache, en laissant délibérément au second plan les controverses sur la date exacte (octobre, novembre ou mars ?).
On ne peut en tout cas ne pas saluer les efforts de l’association Mamelomaso, de l’Office National du Tourisme et de l’ORTANA pour faire revivre cette tradition en plein coeur d’Antananarivo, sur la place d’Andohalo. En choisissant l’appellation « Taombaovaon’ny ambanilanitra » [1], ils auront réussi à mettre en avant l’aspect culturel de l’événement et à écarter certaines possibles préventions religieuses ou certaines crispations de caste.
Bonne année donc à nos lecteurs, et à la veille du 17 mars, espérons que de même que les chinois sont passés de l’année du buffle à celle du tigre, les malgaches passeront de l’année du moramora à celle du resaka matotra [2].
Un nouvel an incite toujours au bilan de l’année écoulée, mais l’Asaramanitra malgache ne saurait également exister sans réconciliation, se manifestant par exemple par les effacements de dettes et les libérations d’esclaves.
Difficile donc de ne pas se remémorer une discussion avec une partie de l’équipe de médiation internationale, il y a environ 10 mois. L’équipe d’éditorialistes de ce site s’était entendu dire : « Il faut laisser aux différentes parties malgaches un peu de temps pour réfléchir. Du temps pour que la mouvance Rajoelina réalise que l’option de mener seule la transition n’est pas réaliste. Du temps pour que la mouvance Ravalomanana réalise que l’option militaire n’est pas réaliste. »
Avec le recul, on peut se demander si ces paroles ne restent pas complètement d’actualité. Entre certains qui crient que l’atelier d’Ivato a traduit la volonté du peuple malgache dans son entier, et d’autres qui appelent à des sanctions internationales immédiates en y voyant une panacée, il risque de falloir attendre encore un peu de temps.
Comme l’a déjà écrit Ndimby, comme il est difficile de rapprocher les extrêmes, alors il faut tenter de mettre la balle au centre pour favoriser le rapprochement des modérés.
Les modérés, cela peut être ceux qui dénient au régime actuel une légitimité satisfaisante, mais ont aussi été choqués par les réels abus de droit du régime précédent.
Ou encore ceux qui croient à une saine influence de la communauté internationale, mais n’oublient pas que dans un désaccord, il y a forcément deux entités, et estiment que comme des sanctions n’arriveraient à des résultats que dans la douleur et dans la durée, il faut un véritable arrangement entre malgaches.
Ceux qui estiment qu’une ouverture ne peut se résumer à un débauchage à coup de fauteuils, mais aussi ceux qui sont prêts à reconnaître que les ambigüités des textes élaborés à Maputo et à Addis Abeba autorise à ne pas approcher ceux-ci comme d’immuables Saintes Écritures et s’interrogent pourquoi les trois mouvances semblent refuser de dialoguer.
Dans le cadre des célébrations du nouvel an malgache, le Afo Tsy Maty, flamme de la lumière et de la chaleur partagée a été allumée.
Aux vrais ambanilanitra, qu’ils se reconnaissent ou non dans une des mouvances déclarées, de l’entretenir.





