Le sujet dérive...
Voici les prix d’achat (de base) des appareils adaptés à notre réseau international, pour vous faire une idée :
Airbus A330-200 : 169 millions US$ (neuf 2011)
Airbus A330-300 : 190 millions US$ (neuf 2011)
Airbus A340-200 : 195 millions US$ (occasion 2002)
Airbus A340-300 : 185 millions US$ (occasion 1997)
Boeing 767-300/ER : 144 millions US$ (neuf 2011)
Boeing 777-200/ER : 191 millions US$ (neuf 2011)
Boeing 777-200/LR : 249 millions US$ (neuf 2011)
Les prix sont croissants d’année en année, et à cela s’ajoute les frais d’aménagement intérieur, de peinture, d’options (SatCom/iTV...) et des contrats de maintenance régulières. Il faut aussi compter les droits aéronautiques, ces taxes qu’une compagnie paye comme les taxes d’aéroport, les taxes d’ouverture et d’utilisation de ligne, les droit de survol, les taxes d’escale... il y en a des centaines.
Les appareils suivants sont pure imagination dans le contexte malgache :
Boeing 747-400/8x (comment remplir cet avion en basse saison)
Boeing 767-400/ER (la production a été arrêtée)
Airbus A380-800 (Ivato ne peut pas recevoir cet avion < vous en doutez ?)
McDonnell-Douglas MD11 (C’est un très vieil avion)
De plus, un avion d’occasion est moins cher à l’acquisition, mais plus cher, beaucoup plus cher à la maintenance : on répare beaucoup plus souvent et on achète tout le temps de nouvelles pièces. Et il y a les charges (salaires, opérations marketing, investissements sur projets de développement, carburant, prestations à bord, les agences, les loyers, la billetterie, les frais d’administration, les indemnisations sur services non rendues...)
Maintenant, quand on observe la rentabilité d’un appareil, un achat, qu’il soit neuf ou d’occasion ne peut s’amortir que sur 2/3 ans au minimum, et ce n’est valable que pour une compagnie correctement gérée, ce qui n’est pas le cas d’Air Mad. Pour Air Mad, il faudrait 15 ans pour amortir un tel investissement (je ne parle pas d’un minuscule ATR, je parle d’un long-courrier ...et donc, se serrer les ceintures entre temps)
Donc :
L’option remplacer les deux Boeing 767-300 par des appareils neuf N’EST PAS POSSIBLE !
Sauf si Air Madagascar est prise par une autre compagnie qui dispose de fonds pour autofinancer cet investissement (Privatisation par absorption donc)
Autrement, l’Etat, comme il est le principal actionnaire n’a qu’à prouver ses compétences, et trouver un généreux investisseur capable de prêter des liquidités à un taux anormalement bas (genre zéro ?) Mais ça reste une utopie car tous les têtes connues ont largement prouvé qu’ils sont incapables de gérer. Plus aucun investisseur n’a confiance. Comme je les comprend !!!
La seule option qui reste pour Air Madagascar (si elle veut survivre) c’est de négocier un nouveau contrat, ou son annulation avec les deux propriétaires de 5R-MFG et 5R-MFJ. Et/ou contracter un nouveau contrat avec des appareils plus jeunes (10 à 15 ans) et à ce moment-là, pourquoi pas des Airbus ?
Note : Airbus ou Boeing, d’un point de vue technique, C’EST PAREIL ! Arrêtez de dire n’importe quoi sur des sujets que vous ne maîtrisez pas, que vous soyez pilote, conseiller à la présidence ou dirigeant d’Air Madagascar !!! D’un point de vue technique, je répète, c’est pareil ! Là où ça diffère, c’est le coût de mise en exploitation : Si le coût de qualification du personnel local est négligeable, mieux vaut prendre des Airbus de moins de 5 ans, que des Boeing 767 de plus de 10 ans. C’est un fait, les Airbus A330 disponibles sur le marché actuellement sont plus jeunes que les Boeing 767. Et il est difficile de trouver un Boeing 777.
Air Madagascar souhaite vraiment remonter la pente ? elle devrait choisir l’Airbus A330-200 (et non des A330-300 comme le souhaite le gouvernement) Juste dans la limite Mada-Europe en rayon d’action et une capacité légèrement supérieure aux actuels 767-300.
Si la compagnie dispose de 200 millions US$, c’est le moment de le faire savoir, et c’est tout juste pour s’offrir un A330-200 classique, mais neuf. Si l’appareil rapporte 1.35 millions US$ de bénéfices par semaine, Air Mad l’aura amorti en 150 semaines (3 ans à peu près, et ce, en ayant pieds et poings liés) Mais si Air Mad continue de jouer avec la fiabilité de l’appareil, les coûts de maintenance vont grimper, et l’amortissement s’étalera sur un nombre beaucoup plus élevé d’années...