Déception dans le camp de la mouvance Ravalomanana ce jeudi 12 avril 2012 ; leurs propositions d’amendements au projet de loi sur l’amnistie ont été déboutées partout dans le processus d’examen et d’adoption au Congrès de transition. Le projet de loi sur l’amnistie pour la réconciliation nationale a été adopté sans amendement à l’issue d’un vote à mains levées par 267 membres de la Chambre Basse, sur 270 votants – la mouvance Ravalomanana a préféré boycotter le vote peu après le début des débats. Les ministres de la Justice et des Relations avec les Institutions, Christine Razanamahasoa et Manantsoa Victor, ont assisté à la réunion plénière des membres du Congrès.
La mouvance Ravalomanana voulait apporter des amendements à l’article 5 relatif aux infractions non amnistiables, article qui stipule que les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et le génocide sont exclus du bénéfice de l’amnistie. Elle voulait y ajouter les morts d’hommes à l’issue d’incendies (allusion aux incendies des 26 et 27 janvier 2009 qui ont causé des morts d’hommes) et dont les responsables échappent, à son avis, à cet article tel qu’il est présenté de la sorte. Le ministre de la Justice pourtant estime que cet ajout n’est pas nécessaire car ces incendies de 2009 qui ont causé des morts sont des meurtres déjà prévus à l’article 295 du Code pénal et déjà inclus dans la rubrique des crimes contre l’humanité. Elle a même précisé que ce projet de loi est déjà jugé conforme aux normes internationales. Il faut dire que la mouvance Ravalomanana a insisté sur la puissance de la charte internationale des droits de l’homme que Madagascar a ratifié tout en soulignant que ce projet de loi doit se baser sur le code pénal malgache. En tout cas, une catégorie d’observateurs ne comprend pas trop pourquoi la mouvance Ravalomanana accorde autant d’intérêt à cette loi d’amnistie alors qu’elle soutient que l’ancien président en exil en Afrique du Sud n’a pas besoin d’être amnistié mais bénéficie tout simplement d’une cessation de poursuite, au titre de l’article 16 de la feuille de route.







