Abdou Diouf, président de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), était l’invité de l’émission « Internationales » de RFI, TV5 Monde et Le Monde ce dimanche 21 mars.
À l’occasion du 40ème anniversaire de l’OIF, l’émission était placée sous le thème principal de la place de la Francophonie dans le monde. En deuxième partie d’émission, lorsque fut abordée la question de la légitimité de la Francophonie en matière de développement de la démocratie et des droits de l’homme, des questions d’actualité ont été abordées, dont celles sur Madagascar que nous transcrivons ci-après.
Abdou Diouf : (...). Nous essayons quand même d’agir en rapport avec toute la communauté internationale. Prenez Madagascar : nous avons été dans tous les groupes de contact internationaux qui se sont réunis concernant Madagascar, pour aboutir à une impasse. Tout à l’heure, dans le reportage qui passait, on disait l’impuissance de la Francophonie ; on doit dire l’impuissance de la communauté internationale, parce que c’est ensemble avec le reste de la communauté internationale que nous agissons.
Question : Vous permettez, sur Madagascar justement. La communauté internationale, par la voix de l’Union Africaine vient de décider des sanctions à Madagascar, donc sanctionner l’actuel président Rajoelina qui a mis fin aux négociations avec les trois autres anciens présidents. Est ce que d’abord vous partagez cette décision d’imposer des sanctions à Madagascar, et qu’est ce que l’OIF fait en plus de cela ? Est ce que, par exemple, vous appelez quand même à la reprise du dialogue malgré tout ?
Réponse : Nous avons sanctionné Madagascar avant tout, puisque nous avons suspendu Madagascar. Mais nous, nous avons une façon d’agir qui consiste à suspendre, à sanctionner et à accompagner. Parce que le but, ce n’est pas seulement de sanctionner, c’est le retour à une vie constitutionnelle normale. Et nous avons sanctionné Madagascar et nous avons décidé d’accompagner Madagascar pour le retour à une vie constitutionnelle normale. Et comme nous sommes cohérents avec nous mêmes, et que nous voulons jouer le jeu du partenariat international, nous avons travaillé dans le cadre des groupes de contact internationaux.
Les sanctions ciblées que l’Union africaine vient de prendre, ce sont des sanctions de l’Union africaine, ce ne sont pas des sanctions de la Francophonie. Alors nous, nous pensons qu’il faut aller au delà. Cette affaire a trop duré.
Q : C’est-à-dire ?
R : Je pense que nous allons essayer de prendre une initiative, avec quelques pays ou quelques organisations pour arriver à faire des élections et donner la parole au peuple malgache pour trancher cette question. Parce que, on tourne en rond actuellement et ce n’est pas bon. Le peuple malgache ne mérite pas une telle situation.
Q : Et qu’est-ce qui ferait que le président actuel, Rajoelina, accepterait d’aller aux élections, alors que les pressions internationales jusqu’ici n’y arrivent pas ? Pourquoi l’Organisation internationale de la francophonie serait plus efficace en la matière ?
R : Je ne dis pas l’Organisation internationale de la francophonie, je dis nous prendrons contact avec d’autres, parce que nous pensons qu’il faut sortir de cette impasse.
Q : Mais qui ?
R : Nous verrons. Nous verrons. Nous avons d’autres.... nous avons une idée, mais nous y travaillons.
Recueilli par Yann





