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dimanche 25 septembre 2016
Antananarivo | 03h59
 

Editorial

À quelque chose, malheur est bon

samedi 9 juillet | Lalaina Chuk Hen Shun

L’hypothèse suggérée ici est celle selon laquelle notre pays est profondément enfoui dans une substance malodorante que la bienséance interdit de citer ici, mais que, par ailleurs, cela a du bon. L’idée de trouver une quelconque raison de se réjouir de la situation frôle vraisemblablement l’indécence lorsque le malheur dont il est question est le sort peu enviable du peuple malgache.

Selon le PNUD, nous sommes un pays à « Low Human Development » avec un IDH (Indice de développement Humain) en deçà de ceux de quelques pays en guerre [1]. Doing Business nous classe à la 164e place en ce qui concerne l’environnement des affaires [2] et, pour ce qui est de la perception de la corruption, Transparency International nous gratifie d’une modeste 123e place [3]. Et, pour en finir avec notre carnet de notes, selon le rapport Mo Ibrahim : « Madagascar scores lower than the African average and lower than the regional average for Southern Africa » [4] . En bref, élève moyen qui se fait dépasser par ses camarades.

L’objet n’est ici ni de se morfondre ni d’accabler nos gouvernants actuels ou précédents. La finalité serait plutôt d’identifier les causes du mal malgache, et d’esquisser un chemin pour briser le cycle pervers. Le constat de départ que je vous soumets est celui de Jean Fremigacci qui avance que les crises cycliques malgaches sont les symptômes d’un mal profond qu’est la rupture entre le Fanjakana et le vahoaka [5].

Un contrat social inexistant

Il s’agit de la rupture du contrat social mettant en place le Léviathan de Hobbes, cette chimère que l’on a reconstruite récemment avec une nouvelle Constitution : l’État malagasy. La construction théorique se faisant comme suit : les individus, disposant d’un droit naturel inhérent à leur existence, mettent une partie de leur droit entre les mains d’une construction collective dépositaire de la puissance publique ainsi créée. Cette construction prend en charge la protection des individus, assure une harmonie sociale et coordonne la vie commune, d’où l’idée d’État. Des chercheurs avancent que le développement du contrat social malgache fut ébauché sous le règne d’Andrianampoinimerina qui assura la mise en place d’infrastructure agricole et la protection contre la traite esclavagiste, en contrepartie de taxes et travaux fournis par les sujets [6].

Le contrat social malgache ne s’arrête pas là car, comme l’affirment nos constitutions successives, nous associons à la notion d’État celle de Démocratie : « Government of the people, by the people, for the people » [7].

Ces deux notions sont antinomiques dans le sens où la construction étatique a pour conséquence de transférer les pouvoirs du peuple vers l’État or, la démocratie exige que l’État soit dirigé par le peuple (C’est comme consentir à donner la télécommande au gamin en lui disant quelle chaîne mettre). Pour faire cohabiter ces idées fondatrices, a priori inconciliables, plusieurs mécanismes ont été pensés et sont agencés dans une ingénierie formidable reposant sur le droit constitutionnel, socle fondamental. Le principe est simple : un pouvoir exercé par une entité implique le contrôle de ce pouvoir par une autre. Les institutions, issues du peuple, se contrôlent les unes les autres pour qu’aucune ne puisse abuser des pouvoirs qui lui sont confiés. Et, l’État dans sa globalité est contrôlé par la presse et le peuple qui sanctionne ou renouvelle la confiance à travers les élections. C’est beau !

Toutefois, le mécanisme n’a pas prévu l’hypothèse selon laquelle le peuple ne considère pas l’État comme sa propre émanation institutionnelle. La conscience collective semble considérer l’État comme une entité préexistante qui ne nous appartient pas, mais dont on s’arrange. Et ainsi, toute la construction s’effondre. Le Tanindrazana est dissocié de l’État. Ce dernier n’incarne plus (ne l’a-t-il jamais fait) la nation. Dès lors, la notion de bien public disparaît et les gouvernants ne dirigent plus un pays, mais une administration. La perception de taxes et impôts par l’État n’est plus considérée comme une contribution à l’effort collectif, mais tel le goûter donné au baraqué de la classe pour qu’il ne nous embête pas trop. L’État cesse d’être un firenena pour n’être qu’un fanjakana. Ce n’est plus que le surveillant grincheux dont on se moque à la récré. D’où une certaine apathie envers les errements de l’État.

Dès lors, le peuple malgache s’est désengagé de son devoir et, par conséquent, a bradé son droit de diriger son pays. D’autant plus s’il vote, non pour un projet de société, mais pour le meilleur tee-shirt ou le meilleur tora-jofo. À croire que les élections sont l’adaptation malgache de la Nouvelle Star.

Si on a les dirigeants qu’on mérite, et qu’on en a eu que des bofs… c’est qu’on est tout aussi bof. Ainsi, sommes-nous maintenant dans la situation « Tsara ho an’là zay ! »

Le verre à moitié plein

Bref, le pays est dans le baba et c’est, avant d’être celle de qui que ce soit d’autre, de notre faute. Toutefois, selon le bon vieil adage que Rabefananarana assène à ceux qui se retrouvent dans une situation peu glorieuse ou d’échec : « regarde le bon côté des choses », « il faut voir le verre à moitié plein ». En l’occurrence, le verre semble cassé… Mais bon, essayons d’être positifs.

Il semblerait que la douleur apprend au malgache à être citoyen : à être jaloux du bien public, à s’alarmer du sort de ses semblables, à réclamer des comptes, à rappeler aux dirigeants leurs engagements. À coup de scandale à l’ananas, d’alerte au jet, d’indignation face au délestage, à l’état des routes, aux attaques armées, à la mise à mort du Vorombe tsara dia, et miracle ! avec un débat public sur un projet de loi, le citoyen malgache veille enfin. Il s’offusque de la manière dont est dépensé l’argent public, des virages liberticides que tentent de prendre certains, de l’insécurité. Il ne se contente plus de « apetraka amin’Andriamanitra », il prend sa part et participe à la vie publique. Il se réapproprie l’État.

Bien sûr qu’il ne s’agit que d’une frange marginale de la population malgache, que les réseaux sociaux, thermomètre utilisé, n’ont rien de représentatif ; mais un tel intérêt pour la chose publique n’est pas familier et ne peut qu’enchanter. Alors, le pays va mal, certes, mais lorsqu’on voit que de plus en plus de Malgaches s’activent pour dénoncer les errements de leurs dirigeants, on peut se dire qu’à quelque chose, malheur est bon.

Notes

[1Voir undp.org

[5Jean Fremigacci, « Madagascar : anatomie d’un état de crise », Afrique Contrmporaine, De Boeck Supérieur, 2014/3

[6Mireille Razafindrakoto, François Roubaud et Jean-Michel Wachsberger, « Élites, pouvoir et régulation à Madagascar », Afrique Contrmporaine, De Boeck Supérieur, 2014/3

[7Abraham Lincoln, The Gettysburg Address

29 commentaires

Vos commentaires

  • 9 juillet à 10:47 | Turping (#1235)

    L’article est très intéressant, je reviendrai apporter ma part de briques quand il y aura un peu de moment libre.

  • 9 juillet à 10:56 | Jipo (#4988)

    Un mal pour un bien en 2 mots .
    Votre article est bien écrit et on ne peut que vous en remercier, partager votre optimisme, est une autre affaire, mais que reste-t-il d’ autre quand on ne veut ou peut se révolter, car c’est bien une révolte, pour ne pas dire guerre civile que ces apprentis sorciers ont besoin pour se rendre compte qu’ ils poussent non seulement le bouchon trop loin, mais en plus mamabe dans les orties masiaka ...

  • 9 juillet à 13:19 | LE VEILLEUR alias L’EVEILLEUR (#1331)

    « le développement du contrat social malgache fut ébauché sous le règne d’Andrianampoinimerina qui assura la mise en place d’infrastructure agricole et la protection contre la traite esclavagiste, en contrepartie de taxes et travaux fournis par les sujets [6]. »

    La principale force d’Andrianapoinimerina est la cohérence entre ce qu’il dit et ce qu’il fait.
    Cela a engendré la confiance mutuelle entre les dirigeants et les dirigés.
    Le résultat des efforts consentis par la population est palpable et visible dans le quotidien.

    - Quand est-ce qu’il y aura une cohérence dans ce qui est dit et fait par le personnel dirigeant malgache, meme à petite échelle ?

    PS : J’ai particulièrement apprecié les images utilisées par l’auteur. ;)

  • 9 juillet à 13:51 | takaka (#8449)

    Très bien. Mais vous avez oublié que les Gasy sont très réfractaires aux taxes et impôts divers. Bien sûr vous allez dire que personne n’est enclin à payer des taxes et impôts.
    Mais comme écrivaient la majorité des Vazaha sur le forum, les Gasy ne sont jamais fautifs. Même s’ils sont fautifs, c’est à cause des autres.
    UNE IRRESPONSABILITÉ sans bornes ni limites, gouvernants ou gouvernés. Une infection contagieuse d’ordre familial, même pas tribal.
    Lylison est poursuivi pour déstabilisation de l’État, nous zanatany d’Antsohihy, etc, etc,.
    Et c’est pourquoi les ROTAKA. Une habitude à ROTAKER pour un oui ou un non.
    Merci.

  • 9 juillet à 19:02 | Gérard (#7761)

    Voila un éditorial auquel il n’y a rien à redire, la rigueur intellectuelle y côtoie les références idoines, et, in fine, il est effectivement positif qu’une petite partie de la population tente d’infléchir des dirigeants qui ne se soucient que de protéger leur impunité

    Mais l’auteur de ce brillant éditorial vit et exerce sa profession en France, tout comme Loïc H. Kwan auteur d’un excellent texte sur le dernier rempart de la démocratie

    pourquoi ces brillants juristes n’exercent ils pas au ministère de la justice, par exemple, et si c’était le cas pourraient ils y conserver l’honnêteté intellectuelle, voire l’honnêteté « tout court » que l’on perçoit d’eux dans ces articles ?

    • 9 juillet à 23:52 | Gérard (#7761) répond à Gérard

      Je découvre ailleurs un article tout aussi brillant intellectuellement, et qui, lui aussi, écrit depuis l’étranger par une personne qui serait certainement utile ici, suscite une certaine gène

      j’ai la triste impression que les meilleurs des malgaches sont contraints à l’exil, tandis que les pires de mes compatriotes semblent trouver ici un terrain favorable

      http://www.tanjona.org/les-3-v-vola-vody-voninahitra/

    • 10 juillet à 10:07 | takaka (#8449) répond à Gérard

      Monsieur Gérard. C’est dans un pays développé comme la France qu’on peut penser exercer en toute honnêteté sa profession, loin de sa famille, loin de son ethnie, loin de ses camarades pourris, loin de.... nian nian nian. Si vous voyez ce que je veux écrire.

    • 10 juillet à 14:52 | Gérard (#7761) répond à takaka

      «  »Si vous voyez ce que je veux écrire.«  »

      si je vois ? même un aveugle verrait !

      les élites dont la formation a couté, fuient, des retraités bas de gamme en mal d’affection pullulent, et ce pays sera bientôt le plus pauvre du monde

      bon dimanche !

  • 9 juillet à 23:40 | Turping (#1235)

    - L’auteur fait allusion ici à la pensée philosophique de Hobbes (un philosophe anglais ,exilé en France entre 1640 et 1651,pendant la guerre civile anglaise ,il craignait d’être suspecté pour ses opinions royalistes ).
    - Il exposa dans Le Léviathan (1651 ) ,son oeuvre majeure ,sa théorie des origines de l’Etat .La disposition naturelle de l’homme consiste à être « un loup pour l’homme » .L’état de nature est celui de la guerre permanente mais l’instinct de conservation conduit les hommes au pacte (ou contrat social)par lequel ils renoncent à tous leurs droits et les transfèrent à l’Etat .Celui-ci exerce une souveraineté absolue sur ses membres .
    - Déjà ,il faut se poser la question si l’état existe t-il à Madagascar en parlant de la souveraineté inexistante .
    - Est-ce que ceux exercent le pouvoir sont-ils là pour servir le peuple ou se servir pour se remplir les poches ? d’où le grand fossé entre le peuple et les dirigeants successifs fossoyeurs d’une nation imaginaire .
    - Qu’est ce qu’un état ? Logiquement ,une forme sécularisée du pouvoir politique .Ses racines sont lointaines .Ses racines sont lointaines .Dès l’antiquité s’est élaboré en Grèce puis lors de la période de la république romaine ,un modèle sensiblement différent de la relation au pouvoir .Certes ,l’organisation politique antique se réfère à la sacralité dieux éponymes,ces dieux qui veillent sur la cité et lui donnent son nom ......
    - L’idée latine de res publica ,qui a donné république en français ,témoigne de cette conviction que les affaires publiques doivent se traiter en public .
    - Je reviens sur l’histoire du contrat social inexistant inexistant auquel l’auteur fait référence à Madagascar dans une république bananière ,indépendance octroyée sous dépendance .
    - Alors que dans une république qui fonctionne normalement ,il existe un état et contrat social ( la problématique à soulever se repose là ) .L’état comme mot se met donc à signifier qu’il existe une entité politique pour rassembler peuples et dirigeants .
    Les théoriciens du contrat social (Hobbes , John Locke , JJ Rousseau ,....) l’avaient démontré ,....
    - Même problématique ,dans le cadre où la constitutions et les institutions n’ont jamais été respectées par les tenants successifs du pouvoir .Un grand handicap auquel s’ajoute le problème du contrat social .
    Conclusion : pourquoi parle t-on de développement pour détenir le palmarès ,l’IDH au beau fixe si les appareils de fonctionnements structuraux sont défaillants ? voire inexistants ?
    - Force est de constater ,que le pouvoir ,le décrocher contrairement aux idées conçues n’est pas une occasion de concours circonstanciel pour améliorer le bien être des malgaches ,le collectif mais pour se l’approprier ,se gaver ,....un rituel cyclique depuis l’indépendance octroyée sous dépendance en donnant la mauvaise image à la vraie valeur républicaine et aussi les vraies valeurs royalistes où l’existence d’un garant étatique est un gage d’avancement contrairement aux idées profanées .

    • 9 juillet à 23:45 | Turping (#1235) répond à Turping

      Lire : la constitution ,...

    • 10 juillet à 10:03 | takaka (#8449) répond à Turping

      Merci Turping.
      Un bon post pour faire comprendre à nous les nuls les origines du mal res publica gasy. Et je vais ajouter un fait social typiquement Gasy : « le pouvoir à Madagascar se reposait sur le népotisme, la traîtrise et la fourberie, une exacerbation à outrance du soi-même surtout au temps des royaumes. »
      Du coup la notion des biens communs nous est insipide, sauf dans des rares villages et zones localisés à Morombe, Nosy Boraha et Alaotra (des zones fortement colonisées par la présence des exploitations coloniales !!!). Donc pas de contrat social possible.
      « Fihavanam-boalavo, miaraka raha misy hokikisana ». Littéralement, Une amitié de rats, on est ensemble quand il y a la nourriture.
      Et les Colons Français l’ont compris. Ils n’ont fait qu’exploiter la situation.

    • 10 juillet à 11:29 | atavisme premium (#9437) répond à Turping

      Qui sont ces gens qui depuis l’indépendance de ce pays ont sciemment détournés le pouvoir de la république et qui ne s’en servent qu’a leurs profits.
      Les questions sont simples, qui sont-ils et doit ont leur laisser la faculté de continuer leur œuvres destructrices.
      Ces deux interrogations doivent mener à une prise de conscience salutaire propre a un sursaut salvateur pour ce peuple et cette culture.
      Afin de faire adhérer ce peuple à une nouvelle philosophie de vie propre aux mentalité s de ce pays ,il n’y a pas d’autres considérations à prendre !
      La punition infligée a la minorité en question rétablira la justice et les valeurs profondes et obligera les nouveaux dirigeants à la justice et l’équité !
      Il faut punir les coupables ,il n’y a que cela qui ramènera la raison envers et pour le peuple !

    • 10 juillet à 22:53 | Turping (#1235) répond à atavisme premium

      Atavisme premier,
      - Il faut faire sûrement une sorte de révolution pacifique sans effusion de sang .Quand le rouleau compresseur du pouvoir étatique écrase le peuple déjà affamé ,opprimé , avec les mêmes rengaines depuis longtemps, il faut une nouvelle force pouvant apporter du vrai changement afin de définir et donner une autre dimension de ce que c’est l’état , faire la politique dans le sens noble du terme .
      - La problématique ,c’est de se poser la question comment faire une rupture avec les mêmes coutumes et us du pouvoir qui n’a apporté grand -chose jusqu’à maintenant ?
      - En regardant ce qui se passe ailleurs ,l’Etat joue un grand rôle : Etat nation ; Etat providence ,Etat policier ,....Etat et sécularisation des sociétés ,la souveraineté ,les institutions fortes .
      - En plagiant tout ce qui se passe ailleurs en commençant par la République ,si les valeurs républicaines sont absentes c’est de l’utopie totale même si on veut garder les valeurs ancestrales ,les vraies qui étaient de bonnes valeurs de références .Une indépendance octroyée sous dépendance signifie beaucoup de choses .

    • 10 juillet à 23:11 | Turping (#1235) répond à takaka

      Takaka ,
      - Le saviez -vous ,même la France a été sous le régime monarchique pendant des millénaires ,depuis la dynastie des Mérovingiens ? avant de basculer à la République sous Napoléon Bonaparte ? l’Angleterre un pays qui n’a jamais été colonisé sous le régime monarchique constitutionnel ?!
      - Le parfait n’a jamais existé que ce soit sous le régime monarchique ou républicain qui explique l’existence des :1ère,2ème ,3ème ,4ème ,5ème République ,....
      - Ceci explique les correctifs apportés quand un système ne marche pas bien ,il faut évoluer .Chez nous ,tout est contrôlé par le pouvoir oligarchique dont les membres ne sont pas réellement les représentatifs du peuple pour améliorer le bien collectif mais plutôt le bien personnel .Déjà ,il faut commencer par se poser la question du rôle de l’état ,de la politique ,et de ceux qui sont censés de représenter le peuple ,etc ,.... Est-ce qu’il y a des contrôles entre le status regis et regni ?la corruption ? le pouvoir de l’absolutisme ?
      Conclusion :Au fil du temps ,il faut que les choses évoluent en commençant par la mentalité . Vu ,ce qui se passe dans le pays ;les mots « fihavanana » et « soatoavina » n’ont plus aucune valeur ,devenus un sujet de mépris d’un peuple issu du babakotoland ,dommage !

    • 11 juillet à 11:11 | takaka (#8449) répond à Turping

      L’histoire de la France, je ne connais pas assez. Mais un fait est sûr, son histoire économique sur les taxes et les impôts a fait la grandeur de ce pays, de tous les pays d’Europe d’ailleurs. C’est à partir de son histoire économique que les gens ont commencé à comprendre le contrat social et que la monarchie et le peuple ont compris le rôle de l’assemblée parlementaire.

  • 10 juillet à 11:00 | mandrozeza (#5123)

    Trop de proverbes dans votre analyse.
    La question actuelle est tout simplement la suivante : étant données la pauvreté de la population, la progression de l’analphabétisme, le développement de l’insécurité, ne faut-il pas pendant quelques décennies tout simplement mettre le suffrage universel entre parenthèses, revenir à un statut de citoyen acquis via l’impôt de capitation et assainir le fonctionnement des institutions publiques.
    Quand les enfants iront à l’école, quand l’impôt rentrera, quand les dahalo ne seront plus utilisés que comme des acteurs dans des westerns malagasy, quand les hôpitaux fonctionneront, il sera temps d’organiser des élections au suffrage universel.

  • 12 juillet à 11:27 | gasy_kely (#439)

    Excellente article... qui plus est « optimiste ». Merci.
    Par contre j’ai quelques remarques :
    . Comme l’a si bien détaillé l’auteur, le cheminement pour « une vraie démocratie » est long et compliqué : connaître la constitution, avoir des contres pouvoir etc.. Sous peine d’être traité de « populisme », le problème est cette complexité. Dans une société avec un fort niveau d’analphabétisme, il faut trouver une façon simple d’expliquer pourquoi on fait tel truc, dans quel objectif et surtout de les appliquer derrière.
    . Je suis d’accord qu’il y a un réveil des consciences. Mais je pense ce qui manque vraiment -et je suis en train de le faire - c’est de proposer des solutions. Ne pas juste critiquer, mais proposé des solutions concrètes. Même Stéphane Hessel a sorti en premier « Indignez-vous ! » puis a enchainé avec « Engagez-vous ! »

    Gasy kely tsy mahay !

  • 12 juillet à 11:56 | Ibalitakely (#9342)

    « Dans une société avec un fort niveau d’analphabétisme, il faut trouver une façon simple d’expliquer pourquoi on fait tel truc, dans quel objectif et surtout de les appliquer derrière. »
    C’est pour cela que l’on dit que l’élect° de 2013 était inadéquate ici à Madagasikara surtout avec ce fort taux d’analphabétisme & j’en ai peur que ce sera tjrs le cas ... si nos intellectuels ne se réveillent un jour.

    • 12 juillet à 12:00 | Ibalitakely (#9342) répond à Ibalitakely

      ... l’élect° de 2013 avec le bulletin unique & l’élect° jumelée ...

  • 12 juillet à 12:10 | plus qu’hier et moins que demain (#6149)

    Assalaamo alaikoum

    C’est un bon éditorial écrit en toute objectivité contrairement à ce qu’on lit d’habitude sur mt.com.
    On souhaite que tel écrit se fasse dans la durée pour le bien de tous.
    Si les élites et les intellectuels commencent à s’entendre sur les diagnostics concernant le mal du pays et les solutions pour en sortir, ce serait un grand pas dans la bonne direction.
    Mais le fond du problème se résume au fait que :
    - Les malgaches sont des battants pris individuellement mais des survivants collectivement.
    En ce sens, nous avons besoins d’un objectif fédérateur pour devenir une population battante collectivement : Quel objectif ? Pas la liberté d’expression réclamée par les journalistes car ces derniers élèvent déjà le MUR de la division en ne voulant pas l’intervention des politiques.

  • 12 juillet à 13:45 | Saint-Jo (#8511)

    Bonjour !

    Au cas où certains de nos gens de pouvoir ne l’auraient pas remarqué, le Gasy est un être vivant .
    Et comme tout être vivant , le Gasy a lui aussi des besoins vitaux fondamentaux , dont le plus grand de tous est de se maintenir lui-même en vie [ trouver un abri pour se loger et de la nourriture pour calmer sa faim , se soigner et se préserver de tous les dangers qui peuvent mettre en péril sa vie ]
    Ensuite , comme tout être vivant toujours, l’autre grand souci du Gasy est d’assurer la perpétuation de sa descendance . Mais pour ce deuxième , le Gasy n’a pas de souci à se faire . Vous le verrez à la suite de la lecture .

    Vous rigolez ? Vous avez tort ! Car je ne suis pas sûr que tous les Gasy qui détiennent les leviers de commande de toutes les sortes de pouvoir à Madagascar sont conscients de ces choses pourtant si évidentes.

    Avant le 14 octobre 1958 , Madagascar comptait 5 millions d’habitants. Les populations ne roulaient pas sur l’or , mais au moins :
    on mangeait à sa faim , les consultations médicales étaient gratuites dans les dispensaires publics , on était soigné et nourri gratuitement à l’hôpital , les écoles publiques étaient gratuites , dans les écoles primaires publiques les livres étaient fournis gratuitement , dans les établissements publics du secondaire ( gratuits évidemment ) des livres étaient fournis aux enfants qui bénéficiaient de bourse scolaire , la justice ne loupait pas les criminels qu’on lui amenait après enquête , le taux de chômage était bas .
    Vous croyez que tout cela n’est pas vrai ? Vous n’avez qu’à consulter les archives .
    Vous pensez qu’en ces temps-là ailleurs dans le monde aussi on vivait la même chose que chez nous ? Détrompez-vous . Demandez aux Algériens , aux Annamites ( dont les actuels Vietnamiens ) par exemple s’ils vivaient comme cela eux aussi .

    Actuellement notre nombre à nous , les Gasy , est estimé à environ 23 millions.
    De 1958 à 2016 nous sommes passés de 5 millions de têtes à 23 millions !
    Une augmentation de population littéralement in-croy-a-ble !

    Malheureusement , la quantité de nourriture produite localement n’a pas suivi !
    Toutes les productions à connotations économiques n’ont pas suivi !
    Le développement de la personne gasy elle-même ( physique , culturelle , mentale ) a beaucoup-beaucoup régressé .

    Un Etranger , professeur d’histoire-géographie d’un grand établissement secondaire de l’époque disait :
    - « Dans les pays en difficultés économiques, plus un couple est pauvre , plus le lit est fécond ! »
    Chez nous le lit n’est pas seulement fécond , il est plutôt hyper-fécond !

    Vous croyez qu’une limitation du nombre des naissances serait nécessaire ?
    Ce ne serait pas suffisant !
    C’est absolument nécessaire , oui ! Mais seul , ce ne serait pas suffisant .

    Et pour finir :
    Une des grosses erreurs économiques faites par le Général Ramanantsoa était la suppression de l’impôt par tête des hommes valides .
    Si vous êtes tenté de me répondre sur cette décision , pensez d’abord aux immenses grands espaces fertiles non encore mis en valeur dans ce pays : ces espaces ne demandent que des bras pour produire de quoi faire vivre le bonhomme et sa famille d’abord et de quoi s’acquitter de l’impôt par tête des gaillards ensuite . De plus cela aura l’avantage d’apporter quelques sous aux caisses toujours vides de l’Etat.
    Si vous croyez que je veux chasser les chômeurs citadins de la ville pour les envoyer à la campagne , alors vous n’avez pas totalement tort .
    Seulement , je ne les chasse pas directement .
    Non ! Il faudra trouver un moyen économique mais humain ( c’est important ) de rendre une vie productive à la campagne ( où il y a des terres à cultiver ) plus avantageuse pour ces chômeurs des villes , comparativement à cette vie de vendeurs à la sauvette sur les trottoirs et sur la chaussée qu’ils mènent ( pour les moins mauvais des cas ).

    Mais c’est aux politiciens de trouver les moyens pour acter tout cela .
    Et , moi , je suis gasy . Et je ne suis pas un politicien .
    Devenir un politicien gasy ? Non , merci !

    • 12 juillet à 19:54 | zanadralambo (#7305) répond à Saint-Jo

      Bonjour, St Jo, je ne m’attendais pas à ce que vous reconnaissiez un jour les vertus de la période qui a précédé mai 72. Bravo pour votre coming out, au moins vous avez le courage d’assumer.
      Un brin nostalgique, St Jo ?

    • 12 juillet à 20:58 | takaka (#8449) répond à Saint-Jo

      Vous êtes déjà un grand politicien. Je recommande vivement la Primature de vous prendre comme conseiller.
      Vous avez mis à nu le mal développement de Dago.

    • 12 juillet à 21:24 | Belakana (#7721) répond à takaka

      Bonsoir Takaka, j’ai une question : quelles sont les critères à remplir pour pouvoir assumer soi-même sa sécurité personnelle à Dago. Je m’explique : que faut-il pour se munir d’un fusil à pompe ou autre ? Mila autorisation an’ireo vendrana ireo sa tsia ?

    • 12 juillet à 22:19 | Yet another Rabe (#4812) répond à Saint-Jo

      Bonsoir St-Jo,

      Le malgache est un être vivant dites vous.

      La pyramide de Maslow cher Monsieur et permettez moi de remettre une couche à votre post, ma petite contribution dans l’éditorial de la regrettée Citoyenne Malgache « Je vous en vie » http://www.madagascar-tribune.com/Je-vous-en-vie,18587.html#forum149089

      J’abonde aussi dans votre post sur le fait qu’une des erreurs qu’à faite le Général RAMANANTSOA a été de supprimer le « hetra isan-dahy ».
      A mon avis, une erreur très préjudiciable à la perception pour le citoyen de la notion de Nation Malgache

      Cet impôt avait au moins 3 vertus à mon avis :
      - obliger le citoyen à chercher du travail ne serait-ce que pour pouvoir le payer, travailler et gagner de l’argent et non raisonner avec la logique du « trouver de l’argent » comme le prédateur chasseur-cueilleur-pêcheur des temps antédiluviens chasse le gibier.
      Remis au goût du jour, le chasseur-cueilleur coupe des bois de rose, masse les automobilistes sur les routes nationales, pille dans les campagnes et dans les villes et au sommet de cette chaine alimentaire l’homo politicus madagascariensis va à la pêche aux euros ou dollars dans les instances financières internationales et divers pays (FMI,BM ....) en n’oubliant pas de pressurer ses concitoyens
      - lui donner une conscience de sa citoyenneté, au delà de sa propre personne, sa famille ou son clan il appartient et est redevable à une nation
      - tout bonnement pour l’administration, recenser, identifier et donner une existence formelle à sa population en gagnant un peu d’argent

      Il faut que le malgache comprenne qu’il doit bosser, et d’abord la terre ne serait-ce que pour se nourrir, ensuite s’éduquer.

      Cordialement
      YaR

    • 12 juillet à 22:28 | Turping (#1235) répond à Belakana

      Belakana ,
      - Oui ,pour le port d’une arme à feu ,première ou deuxième catégorie ,il faut leur demander aux « vendrana » ,une autorisation avec un prétexte valable .Même ,sans montrer de signe ostentatoire de richesse ,si vous gagnez bien votre vie avec vos efforts ,un travail bien mérité ,un milliardaire gasy en employant beaucoup de gens ,etc...avec l’argent qui circule ,les versements ,etc....vaut mieux prendre une précaution .C’est le cas de mon petit frère ,même si ce n’est pas toujours nécessaire car il a failli laissé sa peau .
      - Il ne faut pas montrer que vous êtes un opposant du régime pour le demander !
      Courage !et dommage qu’il faut s’assurer de sa sécurité pour être tranquille .

    • 12 juillet à 23:04 | Turping (#1235) répond à Turping

      Lire : laisser

    • 13 juillet à 09:55 | Saint-Jo (#8511) répond à Yet another Rabe

      Bonjour , YaR !
      Visages de la réalité vraie que vivent nos populations dans le Sud et dans les régions éloignées du centre de ce pouvoir jacobin : voilà ce que décrit avec émotions et avec gêne « Citoyenne Malgache » !
      Merci, YaR, de m’avoir donné l’occasion de prendre connaissance de ce texte .
      J’écris et je répète souvent sur ce lieu virtuel la terrible appréhension que j’ai à propos des gens de pouvoirs gasy : ils sont presque tous déshumanisés !
      Oui, YaR, déshumanisés !
      Constat terrible et qui était très dur à admettre .
      Mais c’est la triste réalité !

    • 13 juillet à 13:38 | takaka (#8449) répond à Belakana

      Déjà un fusil à pompe calibre 12 est difficile à porter. C’est dans la brousse qu’on a besoin d’un tel instrument de vantardise. C’est typiquement anthropologique.
      Dans la ville, il est mieux d’avoir un PA 7,65, le seul accepté pour les civils.
      Pour les armes à feu, il faut faire la demande d’achat, de port et d’utilisation au niveau du bureau du district. Il y a un service pour ça. Les calibres précités sont les seuls acceptés à Dago. Le 16 présente des pénuries de munitions pour les fusils de chasse. On paye un taxe annuel assez cher pour les fusils.
      Pour assurer sa protection, le mieux est d’avoir les lanceurs de foudres électriques (importés SVP). C’est plus efficace, bon marché et facile à manier, à emporter. Un lanceur se présente comme une torche, etc.
      Sachez que les attaques en ville sont très rapides.
      Si vous pouvez trouver des trafiquants, mais faîtes attention avec les arnaques, achetez des gros calibres avec des chargeurs et gardez les chez vous au dessus de votre lit. Après une attaque et que vous ripostez, faîtes le con en disant que ce sont les bandits qui se sont entretués. Gardez chez vous des tsipoapoaka pour faire le pitre.
      Et soyez sage SVP.
      PS. Pour moi les bandits et dahalo n’ont pas le droit d’énumérer les droits de l’Homme ! He he he he !

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