Accusés de détournements de deniers publics pour acheter le jet Force One two, le président de la République, Marc Ravalomanana et son ministre des Finances, Hajanirina Razafinjatovo, ont été, en leur absence, condamnés par le tribunal correctionnel d’Antananarivo ce mercredi 03 juin. Tous deux écopent d’une peine d’emprisonnement ferme de quatre ans. Ils doivent également une amende de soixante dix millions (70 millions) de dollars, soit l’équivalent du prix de cet appareil de la discorde (60) augmenté de pénalités.
Il faut en effet dire que Marc Ravalomanana, alors chef de l’Etat, avait décidé vers la fin de l’année dernière, de changer l’avion présidentiel par un autre plus à la mode. Si le Force One ne valait qu’un peu plus d’une dizaine de millions de dollars, le Force One two valait une fortune. L’achat est intervenu au moment où le monde entier était en pleine crise économique et au moment où Madagascar et sa population en craignaient fortement les conséquences, d’autant que déjà une partie non négligeable de sa population vivait dans la misère. Malgré les explications du président Marc Ravalomanana, la tension politique aidant, l’achat de cet appareil qui n’a pas non plus obéi à l’orthodoxie financière, a été saisi par les politiques de l’opposition.
Par ailleurs le Fonds monétaire international n’est pas demeuré indifférent et a demandé des explications au gouvernement de l’époque et en particulier au ministre des Finances. Selon ce dernier, une moitié de cette somme était payée par Marc Ravalomanana et l’autre moitié provenait du budget 2008.
« Qu’importe son nom… » déclare Madame le ministre de la Justice
En tout cas, le procès a semblé pour de nombreux observateurs, expéditif. D’autres chefs d’accusations et d’autres procès attendent Marc Ravalomanana, selon Madame le ministre de la Haute Autorité de Transition (HAT) en charge de la Justice. Elle explique lors d’un point de presse ce mercredi 3 juin, que ce n’est guère une justice expéditive car l’impatience et la suspicion gagnent une majorité de citoyens. Ces derniers craindraient un étouffement des dossiers relatifs à Marc Ravalomanana ; ce qui à son avis peut décevoir la population et est tout à fait contraire à l’esprit qui a conduit aux changements en cours.
A l’occasion de ce même point de presse, elle répond aux accusations des « légalistes » qui ont porté devant le Conseil d’Etat leur requête relative à l’illégalité de la Haute Autorité de Transition et donc que cette dernière n’a aucune base constitutionnelle. Madame le ministre de la Justice a notamment déclaré : « qu’importe que ce soit une lettre ou une décision ; qu’importe son nom du moment que c’est un acte juridictionnel effectué par le juge de la Haute cour constitutionnelle, il a valeur constitutionnel, donc irrévocable et indiscutable ». Tout cela pour signifier que la HAT est une institution constitutionnelle ; bien qu’elle ne figure nulle part dans la Constitution remarquent les critiques.
Recueilli par Bill







